Island Peak, 1er 6000
Automne 2000, Cyril et moi décollons de Paris pour Kathmandou....
C'est un peu sur un coup de tête qu'on a signé pour le Népal, au retour d'une sortie raquettes un peu humide en Chartreuse. On était pas très loin de Chapareillan (38), le siège d'Allibert, alors on s'est dit " et si on passait voir ..." On est repartis avec une inscription pour l'Island Peak, 6189 m, sommet situé en plein pays Sherpa, le Khumbu....

Vendredi 29 septembre. Enfin le départ !
Notre avion décolle de Paris en début de soirée, et arrivée prévue à Kathmandou, le lendemain en fin d'après-midi. Vol sans encombre sur la PIA (compagnie pakistanaise), bien que la propreté de l'appareil laisse à désirer...
Malheureusement nous n'avons vu aucune montagne en arrivant sur KTH, la brume (il parait que c'est fréquent) bouchait toute visibilté. Nous rejoignons l'hôtel et prenons possession de nos chambres pour un petit peu de repos. Le départ du trek d'approche est prévu pour le lendemain si les conditions de vol pour Lukla sont satisfaisante. En attendant nous faisons un tour dans KTH.

Dimanche 1octobre. Vol pour Lukla
Levé 6h, retour à l'aéroport de KTH, mais côté liaison interne. Mieux vaut arriver les premiers ! C'est dingue le monde qu'il y a ! Heureusement notre guide connait très bien le Népal, et donc nous décollons rapidement pour Lukla. Nous apercevons enfin les premiers pics enneigés...c'est magique...Cyril et moi avons bien du mal à réaliser que nous sommes ici, c'est un rêve !
Une heure de vol plus tard, nous apercevons notre destination, la piste de Lukla...enfin quand je dis piste, c'est plutôt un champ de patate en pente ! Premiers émois himalayen garantis ! En fin de compte tout se passe très bien.

Nous patientons ici jusqu'à l'arrivée de l'équipe népalaise (Sirdar, cook, porteurs). Nous ne commencerons pas la marche d'approche avant le milieu de l'après-midi.
L'ambiance est un peu bizarre, personne du groupe (12 avec le guide) ne se connait, mais on a 3 semaines pour faire connaissance. Le rythme est vraiment cool, j'ai le temps de faire des photos comme ça! De plus on doit laisser le temps aux porteurs d'arriver au lieu de bivouac avant nous, ainsi ils ont le temps de tout installer, si c'est pas du luxe tout ça !
Bien que nous sommes à 2500m d'altitude, la végétation est abondante, rien à voir avec chez nous. C'est surtout les rhododendrons qui étonnent, ici ce sont de véritables arbres, au printemps il parait que c'est fabuleux lorsqu'ils sont en fleurs.
Ce soir nous allons profiter d'un lodge (sorte de gîte) car nos tentes ne sont pas encore arrivées, problème de logistique (apparement elles seraient encore à Kathmandou...). Le lodge est tenu par une Sherpanie, et semble propre et confortable. En fait nous ne passerons pas vraiment une bonne nuit car le conduit du poële à bois étant...bricolé maison, les fumées de combustion se "balladent" facilement à l'intérieur du lodge.
Lundi 2 et mardi 3 octobre. Namché Bazar
Nous passons 2 jours d'acclimatation dans la capitale sherpa. C'est un village connu de tous les himalayiste, car point de passage obligé pour se rendre au pied de l'Everest. Qui dit acclimatation, ne dit pas ne rien faire, nous randonnons en étoile autour de ce fantastique village.La particularité de ce lieu est d'être installé en arc de cercle, avec un dénivellé de 200m entre les points mini et maxi du village.
Du mercredi 4 au samedi 7. Bien s'acclimater

Poursuite de la marche d'approche, le sommet est encore bien loin. De jour en jour nous prenons de l'altitude afin de s'acclimater, la montée est toujours très progressive, en 7 jours nous avons gagné 1000m, bien que cela ne fasse pas beaucoup, quand, samedi 7, nous arrivons sur les lieux de notre bivouac à Gokyo, nous sommes à 4750m, soit un peu plus bas que le Mt Blanc...
Nous profitons de cette étape pour gravir le Gokyo Peak (5360m), d'où on jouit d'une vue splendide sur le Cho Oyu (8153m). Bien que les derniers mètres soient un peu dur à avaler, Cyril et moi avons la forme (bien qu'une bonne tourista gène un peu le frangin!!).
Du dimanche 8 au mardi 10. Approche et franchissement du Cho La pass
Départ de Gokyo après une nuit bien froide (-2°c dans la tente), nos duvets sont un peu juste, il faudra penser à investir. A partir d'aujourd'hui, et ce pour 2 jours, les yacks prennent un autre chemin, il leur est impossible de franchir le Cho La.
Nous prenons pied sur le glacier Ngazumpa (qui est en fait un tas de sédiments...) et prenons la direction d'un col (5130m), que nous devons franchir bien avant la nuit, si l'on veut trouver notre lieu de bivouac. Celui-ci est situé au pied du Cho La dans un pierrier, et d'après notre guide, les emplacements sans (enfin presque) pierres y sont très, très rares.
Heureusement nous avons un bon rythme, et malgré le mauvais temps qui arrive, nous montons nos tentes avant l'obscurité. Mais quelle caillante ! C'est clair j'ai 1sous-vêtement technique, 1 maillot manches longues, ma polaire et ma Gore-Tex ! Et maintenant il neigeote...
Quelle nuit glaciale ! Heureusement il ne neige plus, mais tout le camp est blanc. Le camp ne recevant jamais le soleil, le petit déjeuner est pris dans la tente cuisine, les uns contre les autres, je n'ai qu'une hâte, me mettre à marcher pour me réchauffer.
On comprend rapidement pourquoi les yacks ne passent pas ici, ce n'est qu'un enchevètrement de blocs, ou alors une mauvaise sente à chamois. La présence de la neige un peu avant le col est un soulagement pour les pieds. Nous franchissons le col à 5420m sous un soleil bienfaiteur.
La descente sur Dzonglha est également très sportive, et comme pour corser le tout, le soleil a vite laisser la place au mauvais temps. C'est finalement en pleine nuit et sous la pluie que nous installons le camp dans le "camping municipal"....
Mardi 10 octobre. Whouaaaa quelle vue !
Ce matin en se levant, pas un nuages ; un soleil déjà bien présent, réchauffe l'intérieur des tentes ; et en mettant le nez dehors c'est le choc avec une des plus belles montagnes que j'ai vu : le Cho La Tsé (6440m). C'est magnifique.
Nous peti-déjeunons en plein air, au soleil. Nous sommes aux paradis...
Nous ne sommes désormais plus qu'à 3 jours du camp de base de l' Island Peak (nommé aussi Imja Tsé).
Ce soir nous dormirons à Lobuche (4940m), tout proche de sa majesté l'Everest... Nous en profiterons pour l'admirer depuis le sommet du Kala Pattar (5545m), petit sommet d'où la vue sur le Pumori, l'Everest et le Nuptse est splendide.
Nous mettons à profit, la proximité d'une rivière, pour faire un brin de toilette, et c'est pas du luxe !
-10°c au réveil ce matin...Autant dire qu'on traine pas dehors en slip ! Lorsque pendant la nuit, une envie pressante vous réveille, je préfère vous dire que vous ne trainez pas à regarder les étoiles...
Du monde aujourd'hui sur le chemin du Kala Patar, il faut dire que c'est un circuit connu (trek du camp de base de l'Everest) pour le spectacle visuel qu'il offre. La vue sur sur tous ces sommets vous coupe le souffle, à moins que ça ne soit l'altitude !

Le Nuptse (7896 m)
Du jeudi 12 au samedi 14 octobre. En route pour le sommet...
Au fil de notre progression sur le camp de base, un mélande d'excitation et de crainte nous envahit. Allons nous atteindre le sommet? La météo sera t'elle avec nous?
Au détour d'une crête, nous apercevons enfin notre objectif...bon c'est vrai qu'avec le Lhotse en fond, il fait tout rikiki!!! Mais quand même, plus de 6000m...et moi qui n'ai même pas atteint 4000m chez nous!
Nuit intermédiaire à Chunkung, noyé dans les nuages....
Pour atteindre le camp de base, nous traversons une zone sableuse d'une longueur monotone, heureusement les sommets environnant, sont là pour nous éblouir. Nous arrivons en tout début d'après-midi, afin de prendre du repos avant l'assaut final. Enormément de monde sur ce camp, chaque groupe se "dispute" le moindre placement plat sans cailloux. Ecossais, Italiens, Allemands, Français....c'est très cosmopolite.
Ascension et sommet.
Réveil à 2h. Départ 3h. La météo semble être de notre côté, pas de nuages, ni de vent. Une belle lune nous évite l'utilisation des frontales et tout le monde semble être en forme.
Hier soir, Daniel (notre guide), à désigné les cordées, je suis avec le
frangin, Raphaël, et le Sirdar.
La première partie se déroule sur un petit sentier, qui disparait vite dans un pierrier, pour laisser place plus haut à quelques verrous rocheux sans grandes difficultés.
A 6h. nous prenons pied sur le glacier à environ 5800m d'altitude. Il fait -10°c, mais le soleil nous arrose copieusement. La voie est bien tracée jusqu'à la difficulté majeure de l'ascension, la pente à 45° qui débouche sur l'arête.
Daniel à installé une corde fixe dans la pente, et nous nous aidons du jumar pour atteindre l'arête sommitale. L'arête est bien impressionnante...mieux vaut avoir les pieds sûrs! Nous devons maintenant la suivre, pour enfin toucher au but.
Cette fois c'est bon, NOUS Y SOMMES !!!!

Sommet de l' Island Peak, avec le Lhotse en toile de fond.