Un Râteau pour le 14 juillet.
Il y a déjà pas mal de temps j'avais pris un but sur ce sommet, c'était en automne, et les conditions (glacier ouvert, glace sur l'arête) ne nous avaient pas permis d'atteindre le sommet. Je n'ai donc pas hésité longtemps à accepter la proposition de Stephane pour y aller.

Le premier jour il faut rejoindre le très bon refuge de la Selle à 2719 mètres, depuis St Christophe-en-Oisans. Si le dénivelé n'est pas énorme (environ 1000 m), le vallon qui permet l'accès au refuge est relativement plat, on ne gagne réellement de l'altitude que vers la fin. Ajouter à ça, un fort soleil, et l'arrivée au refuge est vécue comme une première victoire !
Cette fois Delphine est de la partie, et apparement elle est en forme ! Elle impose un rythme rapide à la montée, et nous atteignons le refuge de la Selle en 03h15, pauses repas et photos comprises.

Pour éviter la foule (une trentaine de personnes) qui vont s'agglutiner sur la voie normale, on décide de faire la variante (itinéraire vert sur la photo) qui consiste à remonter la pente de neige raide (45°) aui donne accès directement au dôme de neige situé avant le sommet. La descente, s'éffectuera par la voie normale et son arête rocheuse (en rouge sur la photo).
Le refuge est très confortable et les différents panorama qui s'offrent à nous sont superbes. Panorama 1 et panorama 2.
Réveil 03h30... j'ai pas dormi (ou très peu) de la nuit, un gros C.. a ronfler toute la nuit ! Super les nuits en refuge, la prochaine fois je bivouaque ! Le pied du glacier de la Selle s'atteind par un sentier pas très bien tracé, heureusement jalonné de quelques cairns et de rares traces de peinture blanche. On s'encorde et nous laissons partir la quasi totalité des cordées en direction de la voie normale. Seule une cordée de 2 alpinistes a fait, comme nous le choix de la varainte. C'est pas plus mal, car dans une pente raide moins il y a de monde, mieux c'est.

Malgré un isotherme 0°c annoncé à 4600 mètres, le regel est très bon dans la pente. Les pieds portent bien et le piolet s'ancre de façon rassurante. Je fais la trace, suivi de Delphine, qui malgré quelques moments de "doute" s'en tire à merveille. De temps en temps, lorsque la neige est trop dur pour y enfoncer les pieds, je taille des marches pour y reposer un peu les mollets.
Les 2 autres alpinistes (un peu plus rapide que nous...) nous doublent à environ mi-pente. Nous préfèrons y aller cool, car il reste encore pas mal de chemin pour atteindre le sommet... et en redescendre !

Une fois la pente raide finie, tout devient plus facile. Le dôme de neige puis le sommet, précédé de quelques rochers faciles. Enfin faciles, quand il n' y a personne! On se retrouve tous les 3 bloqués au sommet (au bord du précipice...) par des gens qui, apparements effrayés, descendent en moulinette !! Ils perdent du temps, coincent la corde, se comprennet pas, etc. En gros, ils mettent un bordel monstre. Je perds rapidement patience et les doubles pour descendre aussi facilement qu'on était montés... sans s'assurer.
Certains devraient passer par un guide, ça serait mieux.
La visibilté est parfaite, pas un nuage, peu de vent, c'est le bonheur.
Ci-dessous : sa majesté, la Meije... sans commentaires...


Après avoir bu et mangé un morceau on attaque la descente. L'arête d'abord neigeuse, devient rocheuse avant d'atteindre une brêche que l'on descend en rappel, pour prendre pied sur le glacier de la Selle. Nous sommes heureusement peu nombreux sur l'arête rocheuse, ce qui facilite beaucoup les choses. Stephane a pris la tête de la cordée pour la descente. Le cheminement de l'arête se fait tantôt sur un versant, tantôt sur un autre, parfois sur le fil. C'est très esthétique.
Nous atteignons à nouveau le refuge à 13h20, soit un peu plus de 9h après notre départ. Le temps de remplir les gourdes, avaler une barre de céréales, faire les derniers clichés, et nous voilà en route pour une descente INTERMINABLE jusqu'au parking...